RC médicale, le nouveau champ de bataille

Aux côtés des assureurs traditionnels, des Anglo-saxons viennent bousculer les habitudes.

AM Trust, Allied World Assurance Company, Beazley, CNA, Newline Group : de nouveaux venus font leur apparition, parfois furtive, sur le marché français de la RC médicale. Ces acteurs, souvent issus des Lloyd's et toujours d'origine anglo-saxonne, viennent livrer bataille aux acteurs historiques du secteur que sont Sham, Le Sou médical MACSF et Axa France.


Le gros appétit de MIC

Pièce maîtresse du dispositif, les réassureurs se répartissent également entre acteurs traditionnels - tels Munich Re et Swiss Re - et intervenants plus pragmatiques. Ainsi de l'inattendu Berkshire Hathaway, le groupe de Warren Buffet, qui figure parmi les réassureurs du marché français de la RC médicale.

A mi-chemin entre la génération spontanée des assureurs anglo-saxons et les indéboulonnables assureurs historiques, deux structures hybrides, l'Irlandais MIC (Medical Insurance Company), dans le giron du groupe Covéa, et Panacea assurances, filiale du Groupe Pasteur Mutualité créée en 2009, alimentent la concurrence. A tel point que sur le seul sous-segment de marché ultra-sensible des 15 000 praticiens libéraux et mixtes du plateau technique lourd, MIC, créée au début des années 2000, dispose aujourd'hui de 7 000 professionnels en portefeuille, soit près de la moitié du marché.

Avec ce renouveau concurrentiel en RC médicale, les courtiers retrouvent le sourire. En particulier BEAH (Bureau européen d'assurance hospitalière), qui rafle nombre d'établissements hospitaliers depuis plus de trois ans maintenant. Mais, en parallèle, les niveaux de primes sont en chute libre. Les tenants acceptant de baisser les prix pour conserver leurs affaires et les nouveaux venus usant du dumping tarifaire pour s'engouffrer dans les brèches les plus rentables du marché.


Le risque de désertion

Résultat des courses, Sham a vu son activité RC médicale se contracter l'an dernier (- 5,6 % à 228 M€). Et parmi les nouveaux joueurs, certains jettent l'éponge et arrêtent de coter les affaires avant même d'avoir pu se constituer un portefeuille.

Dès lors, l'histoire très mouvementée qu'a traversée la RC médicale au début des années 2000 risque de se répéter. Quand les St. Paul et autres Ace avaient choisi de délaisser un marché français pas assez rentable à leurs yeux. Dans un tel cas de figure, les assurés, qu'ils soient établissements ou professionnels de santé, se trouveront face à une offre asséchée et n'auront d'autres choix que de s'assurer auprès des rares historiques... Sans doute pas aux mêmes conditions tarifaires que quand ils les ont quittés...


Deux leaders, deux challengers

Dans sa décision du 5 février dernier relative à la prise de contrôle exclusif de Medical Insurance Company (MIC) par MMA Iard, l'Autorité de la concurrence dresse le tableau des forces en présence sur le marché de la RC médicale. Sans surprise, Sham s'arroge la part du lion avec 40 à 50 % de parts de marché, devant MACSF (20 à 30 %), Axa et MIC disposant chacun de 10 à 20 % du marché. A noter que ce panorama du marché français de la RC médicale omet l'activité réalisée par les assureurs étrangers.


Article de Stéphanie TUFFÉRY - La Tribune de l'Assurance - 03/05/2014